Présentation de ce site

Un cataclysme s’est abattu sur l’Occident auprès duquel les deux guerres mondiales ne sont rien. Nietzsche l’a vécu avec une exceptionnelle intensité ; à un tel point qu’il a sans doute manqué de courage pour l’affronter. Nous ne le vivrons sans doute pas avec une telle intensité, mais nous pouvons espérer le penser avec plus de sagacité.

Le christianisme semble avoir perdu toute crédibilité. C’est l’idée que Dieu est Amour et que la vie a un sens qui est en question. L’homme moderne a souvent tendance à considérer que les forces à l’œuvre dans la Nature sont totalement indifférentes à ce qui pourrait être important pour lui. La vie serait-elle une triste histoire ? Y a-t-il des questions plus importantes que celle-ci (avec les questions connexes) ? Ne devrions-nous pas les examiner soigneusement toute affaire cessante ?

Il nous est difficile aujourd’hui (pour ne pas dire impossible) de croire que le grain de sable sur lequel nous rampons a été jugé digne de l’insigne honneur de recevoir la visite du Fils Unique de Dieu qui y serait né d’une vierge. S’ensuit-il pour autant que nous devions précipiter aux oubliettes l’histoire et la pensée de l’Église ? N’avons-nous pas jeté le bébé avec l’eau du bain ? Que pouvons-nous en retenir ? Que devons-nous oublier ?

Tout le monde connaît l’affirmation de Marx selon laquelle la religion est l’opium du peuple. Mais il ajoutait et c’est malheureusement beaucoup moins bien connu : « C’est le cœur d’un monde sans cœur. » Si les notions les plus profondes qui constituent le christianisme sont illusoires, alors l’univers est définitivement sans cœur. Et si l’univers est sans cœur, vivre a-t-il encore un sens ? Albert Camus pensait que la question fondamentale de la philosophie était la question du suicide. Et la réponse à la question du suicide n’est-elle pas contenue dans la réponse à la question de savoir si l’univers est sans cœur ?

Ces questions sont plus vitales que de manger. « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu[1]» Les évangiles, pour une fois, ne sont peut-être pas assez radicaux. L’homme vit d’abord de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, ou plus exactement peut-être de ce qui peut donner sens et valeur à sa vie, et après seulement de pain. C’est en effet une bien triste vie que de vivre sans savoir pourquoi. Maurice Clavel disait : « Entre le christianisme et le nihilisme il n’y a rien. » Qu’a-t-il voulu dire ? Avait-il raison ? Si oui, pourquoi ? S’il a tort, qu’y a-t-il d’autre ? Les idéologies de remplacement, dans la foulée de Nietzsche, qui prétendent que les seules valeurs sont celles que les hommes se donnent ne sont-elles pas une façon de se raconter des histoires ? Vivre de valeurs que l’on a inventées, n’est-ce pas délibérément vivre de rêves et d’illusions ?

Jean-Claude Guillebaud après s’être éloigné du christianisme y est revenu et il dit : « Ce qui m’attire vers lui, ce n’est pas une émotivité vague, c’est la conscience d’une fondamentale pertinence[2]. » (C’est lui qui souligne). Mais après avoir dit cela il faudrait développer, et cela définit le programme de ce site :

1) Qu’est-ce qui est fondamentalement pertinent ? Et pourquoi ?

2) Qu’est-ce qui n’est pas pertinent ? Et pourquoi ?

L’Église ou le christianisme suscite chez certaines personnes un attachement profond et chez d’autres un rejet radical. Les deux sont tout à fait compréhensibles. Les uns perçoivent ou ressentent ce qui aurait (peut-être) une  fondamentale pertinence et les autres le délire qui y est souvent associé. Mais il n’est pas suffisant de donner raison aux uns et aux autres, il faut aussi montrer en quoi et pourquoi ils ont tort ou raison.

Il nous faut donc repenser le christianisme et voir s’il peut encore recevoir aujourd’hui une réelle crédibilité. Ce que, évidemment, l’Église ne veut pas. Pour elle, le christianisme a déjà été pensé depuis longtemps et il n’y a plus à y revenir. Il nous faudra donc le repenser sans elle, voire contre elle. Et commencer par éviter l’amalgame entre catholicisme et christianisme, que l’Église décrète trop volontiers. Voici ce que disait Tresmontant :

 « Pour que le christianisme franchisse la barre du XX siècle, il faut qu'il soit présenté aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui et de demain comme une doctrine intelligible, comme une science, ce qu'il est, car il est une science de la création en train de se faire, une science de la création de l'homme nouveau que l'humanité doit s'incorporer afin de réaliser ce à quoi elle est destinée. De plus, le christianisme, pour passer la barre du XX siècle, doit être en mesure de laisser visiter ses fondements, ses bases, autrement dit de se laisser vérifier. La pensée moderne, la pensée de demain, n'acceptera pas une doctrine dont les fondements ne se laissent pas vérifier.

[…]

On le voit par cet exemple : c'est tout juste le contraire de ce qui se dit, de ce qui s'écrit, de ce qui se répète aujourd'hui dans la presse, dans les livres, sur les ondes. La tendance dominante, aujourd'hui, du côté chrétien, c'est l'irrationalisme, l'anti-intellectualisme, la destruction de la pensée rationnelle, le mépris de la métaphysique et de la théologie. Telle est la mode, telle est la majorité. Mais, – qui ne le voit –, les exigences de la pensée humaine moderne, formée de plus en plus par les sciences expérimentales, vont exactement à contre-courant, en sens inverse : la pensée humaine d'aujourd'hui et de demain a de plus en plus besoin d'une doctrine chrétienne intelligible, pensée et pensable, fondée solidement, saine épistémologiquement[3]. » 

Nous serons donc attentif à ce qu’a dit Tresmontant et devrons nous demander dans quelle mesure il a réussi à mener à bien son projet.

Au moyen-âge, la doctrine de l’Église n’était guère contestée, les théologiens pensaient avoir réussi le mariage de la raison et de la foi. De fait, sa pensée était relativement crédible, au moins en regard des connaissances de l’époque. Mais quand celles-ci ont évolué, l’Église a préféré se cramponner à sa doctrine. Sur ce plan, elle est restée coincée au moyen-âge et paye aujourd’hui le prix de son attitude. Si elle avait osé satisfaire aux exigences de l’heure, celles de la raison, et des questions que lui posait l’avancée des découvertes scientifiques, il lui aurait peut être fallu perdre quelques plumes, voire se saborder. Elle a préféré ne pas courir de risque, sauver ses plumes en s’abritant derrière la foi. Aujourd’hui elle en étouffe, et le plus grave est que le christianisme semble être en train de sombrer avec elle.

Le rapport entre la foi et la raison est donc présentement une des questions clé du christianisme. Par ailleurs, le rapport de la raison avec ce qui est autre que la raison est aussi la question clé de la post-modernité. On sait qu’au Moyen Age la raison était soumise à la foi. La philosophie des Lumières s’est constituée sur une émancipation tout à fait légitime de la raison par rapport à la foi. Le fidéisme fut la réponse de nombre de chrétiens aux Lumières, c’est-à-dire un pari sur la foi contre la raison. Ce pari est perdu, le christianisme ne peut plus prétendre se fonder contre la raison. Voici ce que dit Denise Couture :

« En 1784, Emmanuel Kant publiait un article intitulé  Qu’est-ce que les Lumières ? On peut souligner deux éléments de sa réponse qui semble, du moins sous certains aspects, demeurer d’actualité 225 années plus tard.

Voici le début de sa réponse : « Les Lumières, c’est la sortie de l’homme de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité à se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. [...] Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières » (souligné dans le texte)[4]. »

Je demanderais toutefois à Couture : Pourquoi « du moins sous certains aspects » ? Je ne vois rien à exclure du texte de Kant, ni à restreindre son sens. Mais Couture est théologienne, cette réserve n’est donc guère surprenante. Mais nous suivrons sans réserve cette proposition de Kant. Ce qui ne veut pas dire être rationaliste, mais seulement postuler que le monde n’est pas irrationnel.

Comment l’Église pourrait-elle repenser le christianisme ? Pendant 2 000 ans, elle affirme haut et clair qu’elle détient la vérité, comment pourrait-elle en changer ? Le traditionalisme d’ailleurs a triomphé. Vous pouvez lire un article intéressant à ce sujet en cliquant ici. Ce qui est normal, le progressisme devait conduire à changer la doctrine de l’Église, ce qu’elle ne peut pas faire. Il nous faut comprendre que pour elle, reconnaître qu’elle s’est trompée, au moins sur un point important, serait se saborder. Elle verra ses ouailles quitter, les uns après les autres, la barque de Pierre plutôt que de reconnaître qu’elle s’est trompée.

Mais il est tout aussi impossible de repenser le christianisme à l’intérieur du protestantisme ou de l’orthodoxie, quand bien même cela ne représenterait pas pour eux un coût comparable à celui de l’Église. Ils ont leur doctrine qu’ils ne changeront pas non plus. Eux aussi, verront plutôt leurs adeptes les quitter plutôt que de changer. N’y voyez surtout pas une critique spécifique à leur encontre, c’est partout pareil. Ainsi, Robert Hue a démissionné du PC après avoir tenté de le changer pendant dix ans. Il a finit par comprendre que le PC ne changerait pas. C’est normal, les institutions sont beaucoup plus rigide que les individus, ce qui souvent n’est pas peu dire.

Quand je parle de l’Église, je parle donc en même temps de tous les chrétiens qui ont hérité d’elle à un degré ou à un autre. L’Église veut trop souvent faire croire qu’elle est le christianisme. Maintenant, qu’elle assume cette affirmation en endossant la critique.

Du christianisme elle n’en représente que la caricature. Non seulement elle n’a pas su présenter un christianisme intelligible et n’a réussi qu’à élaborer qu’une doctrine absurde, propre à écœurer tout être sain d’esprit ; mais en plus elle n’a pas vraiment compris la grandeur du christianisme et n’en présente qu’une version vulgarisée (au pire sens du terme, c’est-à-dire devenu vulgaire). Je compte montrer tout ceci.

Il ne s’agit pas d’élaborer un christianisme rationaliste mais un christianisme rationnel, si tant est que ce soit possible. C’est-à-dire que nous n’avons pas à sacrifier la raison, même si notre démarche peut reposer sur autre chose que la raison. Et même si cette autre chose est essentielle dans notre démarche, cela ne signifie en rien que la raison doit lui être sacrifiée. Cela veut dire que la raison ne fera aucune concession à la foi, et que la foi devra supporter la critique de la raison. Il s’agit en somme de faire la même chose que l’Église, de marier la foi et la raison, mais en renversant le rapport. C’est la foi qui devra rendre des comptes à la raison, et non la raison à la foi. C’est en prétendant soumettre la raison à la foi que l’Église en est arrivé là. C’est la raison désormais qui devra être première. Cela ne signifie pas que le contenu de la foi doive être prouvé rationnellement. Cela signifie que l’on doit vérifier que ce contenu n’est pas contraire à la raison. Ici, le christianisme a un risque à courir : celui d’être incapable de satisfaire aux exigences de la raison. C’est parce qu’ils n’ont pas accepté de courir ce risque que nombre de chrétiens se sont réfugiés dans le fidéisme. Il faut noter toutefois que cela n’ait jamais été la position officielle de l’Église qui, depuis le moyen âge, a toujours tenté de concilier la foi et la raison, mais en voulant rendre la raison esclave de la foi. Et elle l’a fait de façon si scabreuse que l’on peut guère penser qu’elle ait vraiment réussit cette conciliation. C’est sans doute pourquoi le christianisme est en train de s’effilocher.

Seul l’acquis des Lumières peut venir au secours du christianisme. Le christianisme doit montrer qu’il est capable non seulement d’être logique,  mais aussi d’être cohérent avec ce que nous pouvons observer. Ainsi, repenser le christianisme ne signifie pas le replâtrer, toute pensée honnête doit accepter de courir un risque.

Une fois les concepts fondamentaux dégagés, il nous faudra poser la question de leur validité, et non pas spéculativement mais par rapport à des données observables. Le christianisme doit être capable d’assumer honnêtement les critiques intelligentes, et cela veut dire courir le risque d’être incapable de les surmonter et d’en tirer les conséquences, et de récuser les critiques non-pertinentes. Les critiques qui ne peuvent être récusées peuvent toutefois aider le christianisme à se débarrasser des aspects les plus douteux et jouer le rôle d’une purge salutaire. Le remède qui ne tue pas le malade peut le sauver.

On voit trop souvent des idées critiquées non pour leur manque de cohérence, mais parce qu’on les juge indésirables. Ou encore, le christianisme est critiqué par rapport au passé de l’Église. Le passé tumultueux de l’Église n’est pas un problème, ce qui compte c’est la validité de sa doctrine et son passé ne dit rien de cette validité. De même, si son passé était digne, cela ne dirait rien non plus de cette validité. Les seules critiques recevables que l’on puisse faire à l’encontre d’une doctrine portent sur sa congruence. Je veux dire par là une double cohérence. D’une part, la cohérence interne (la logique), d’autre part la cohérence avec la réalité observable.

Il s’agit donc d’instaurer une philosophie chrétienne. C’est-à-dire une pensée qui ne fasse jamais appel ni à la foi ni à la croyance. Cela ne signifie pas que l’on estime que la foi n’existe pas, ou qu’elle est sans réelle importance, mais qu’elle est une affaire privée, et à tout le moins que cette foi ne peut constituer un argument dans un raisonnement.

Le recours à la foi a trop souvent servi à éponger les absurdités de la doctrine. Et il n’y a rien de tel pour écœurer ceux qui refusent, avec juste raison, de se gargariser de rêves et d’illusions. Ce n’est pas surprenant que les matérialistes croient volontiers que les croyants — c’est d’ailleurs comme cela qu’ils se nomment eux-mêmes — sont des gens qui vivent délibérément de rêves et d’illusions. La croyance n’est pas une conviction, ce n’est pas une intuition, ce n’est pas un mode de connaissance. Et pourquoi donc adhérerait-on à une idée qui ne soit pas issue d’un mode quelconque de connaissance ? On pourrait définir ainsi la croyance : c’est une idée dont les raisons d’y adhérer sont inconscientes. Et cela veut dire que ce sont plus des raisons, mais des causes. Qu’avons-nous à faire avec de telles idées ?

Quand à ceux qui se réfèrent à la foi, qui pourrait être éventuellement une intuition et peut-être un authentique mode de connaissance, on peut la soupçonner de n’être que trop souvent rien d’autre que de la croyance. Mais la possibilité qu’elle soit un authentique mode de connaissance doit rester ouverte.

J’espère pouvoir montrer que le christianisme ne souffre ni d’un manque de cohérence, ni d’un défaut de validation à partir des données factuelles. Mais qu’il souffre surtout de la paresse et de la rigidité d’esprit de ses adeptes, mais ceci n’est évidemment pas spécifique des chrétiens.

La foi, c’est bien beau, mais laquelle ?

Il y a une autre raison pour laquelle la foi a perdu sa crédibilité : la foi, c’est bien beau, mais laquelle ? Le christianisme n’est pas seulement confronté à la science et à la modernité, il est aujourd’hui face à d’autres “ fois ” qui ne professent absolument pas le même contenu. Les catholiques, les protestants, les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindouistes ont la leur (même si le régime de la foi n’est pas le même en Orient). La foi ne supporte pas le pluriel. On a trop abusé du recours à la foi. On lui a fait dire trop de choses pour qu’elle puisse encore nous dire quelque chose. Les prétentions fidéistes sont tout aussi éculées que les affirmations scientistes, même si elles s’opposent.

Ainsi, le christianisme ne se trouve donc pas seulement confronté à la critique matérialiste, mais aussi à d’autres doctrines. Et nous n’en sommes plus à ergoter sur le filio que, mais ce sont les concepts fondamentaux du christianisme qui sont en question.

Il y a aussi que la spécificité du christianisme ne va pas de soi pour tout le monde. Alan Watts disait :

 « il devenait évident que le zen, le Jodo Shinshu, et le christianisme tendaient tous vers un même point suivant des voies différentes. Il pouvait donc être possible de développer une forme plus profonde et plus intelligible du christianisme qui devrait cependant abandonner sa prétention d’être la seule et parfaite révélation qui existe. Du même coup, le christianisme se trouverait renforcé, s’il était considéré en tant qu’une des formes de l’expérience religieuse commune à toute l’humanité. Il acquerrait plus de solidité en perdant un peu de sa singularité[5]. »

Pour lui, le christianisme serait une doctrine fragile sauf dans ce qu’elle aurait de commun avec les autres religions. C’est d’ailleurs l’avis de nombre de spiritualistes. Est-ce que le christianisme n’aurait absolument rien d’intéressant à dire qui n’ait déjà été dit par d’autres, ou bien est-ce Watts qui n’y aurait rien compris ? Une des premières questions à poser sera donc celle de l’unité fondamentale des religions. Elle n’est pas forcément aussi simple que Watts semblait le penser. La seconde sera de se demander en quoi le christianisme diffère des autres religions, et dégager ses concepts fondamentaux et sa spécificité. Il ne s’agit donc pas seulement de restaurer une intelligibilité au christianisme ou sa grandeur, mais aussi de mettre en lumière sa spécificité. Si toutefois il en a une, tout au moins une qui soit intéressante.

Ainsi, pour le christianisme la véritable confrontation est la rencontre avec l’Orient. En effet, le matérialisme ne fait vraiment pas le poids, ce que nous verrons. Ce n’est pas non plus le bouddhisme, comme certains l’ont cru, qui peut impressionner le christianisme, mais le vedānta (la branche la plus importante de l’indouisme). Mais le plus grand adversaire du christianisme, ce sont les chrétiens eux-mêmes. Ce recours constant et injustifié à la foi ou à la croyance est précisément ce que les chrétiens peuvent faire de pire pour discréditer le christianisme.

Ainsi, bien qu’il s’agisse ici de repenser le christianisme, ce site ne s’adresse pas spécifiquement aux chrétiens. Il s’agit de se confronter aussi bien au christianisme traditionnel, qu’à toutes les formes de pensées non-chrétiennes, y compris le matérialisme.

Je ne peux mieux résumer ma démarche qu’en disant : ce qui m’intéresse est d’aborder froidement les questions brûlantes.

Dans cette perspective, internet est un outil très intéressant, parce que c’est un média froid. Comme l’est un livre. Mais malheureusement un livre est un média très lourd. Il faut trouver un éditeur et même si on a la chance d’en trouver un cela prend beaucoup de temps. Un dialogue qui passe par les livres, c’est très lent. Mais un dialogue qui passe par la parole ça va trop vite, cela déclenche trop de passion que l’on a bien du mal à maîtriser. Internet permet de s’accorder tout le temps nécessaire pour maitriser les passions, pour réfléchir posément, tout en permettant une liberté d’expression et une rapidité de diffusion inégalée. D’ailleurs, il est tellement rapide qu’il peut aussi s’utiliser à chaud. Mais ce n’est pas ainsi qu’il est intéressant.

J’espère que mes propos susciteront des réactions, elles seront là pour être discutées.

Je dois signaler que je ne connais pas forcément aussi bien l’histoire de la pensée que je pourrais parfois en donner l’air. Il m’arrive de prendre le risque de me tromper. Et je remercie d’avance le lecteur qui voudra bien m’indiquer mes erreurs. Je suis tout à fait conscient de manquer parfois de prudence. Mais être prudent c’est se retenir. Et se retenir c’est en dire moins, aller moins loin et moins profond. Je préfère courir quelques risques et j’espère que le lecteur sera là pour m’aider à opérer les rectifications.

J’ai bien conscience que de repenser le christianisme est une tâche redoutable pour laquelle je ne suis absolument pas à la hauteur. Mais qui l’est ?

Vous pourrez sur ce site trouver des textes assez longs, ce qui n’est pas forcément évident à lire sur un écran, mais ceux-ci seront également présentés aussi en version imprimable.

Vous pourriez-vous étonner, à juste titre, que ce site soit en .org, extension réservée normalement aux organisations, alors qu’il procède d’une initiative strictement individuelle. C’est bien entendu que j’espère votre concours et qu’un jour je ne serais plus seul.

Quand j’estimerai avoir à peu près tout dit de ce que j’ai à dire je créerai un forum où ces idées pourront être mise en cause et discutées. Toutefois, je poserais des règles strictes en vue d’améliorer la qualité des débats tout en préservant sa neutralité. Je ne veux pas du tout tomber dans le bavardage habituel des forums internet.

Je regrette de ne savoir pas comment faire pour recueillir les adresses afin de d’envoyer un courriel informant des nouveautés de ce site.

Si vous aimez ce site, vous pouvez aider à sa promotion en en parlant autour de vous. Vous pouvez télécharger le fichier prospectus.doc, gardez sur vous quelques prospectus pour donner l’adresse à ceux qui pourrait être intéressés.

Christian Camus – 14/03/2011

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[1] Mat 4, 4

[2] Jean-Claude Guillebaud Comment je suis redevenu chrétien, éditions Albin Michel, p. 23

[3] Claude Tresmontant Problèmes de notre temps, éditions O E I L, 1991, p. 13

[5] Alan Watts Mémoires, traduction Frédérique Magne, éditions Fayard, 1977, p. 161